Pourquoi amenée de la conscience dans les mouvements de yoga ?

Il y a plusieurs réponses à cette question. Mais je vais commencer par celle qui me semble la plus évidente.

  1. Ne pas se blesser

Les blessures au yoga peuvent être nombreuses et variées, elles peuvent toucher, en vrac, les cervicales, les lombaires, les poignets, les épaules, etc. Comptez le nombre d’articulations et de muscles dans votre corps… et vous avez le nombre de blessures possibles au yoga. Les causes sont multiples :

  • vous arrivez dans un cours de yoga déjà blessé, ou en train de récupérer d’une blessure ou d’une opération, vous êtes fragilisés. Mal effectuées, les postures de yoga peuvent aggraver les choses. Je suis persuadée que le yoga est un bon outil pour aller mieux, et qu’on peut pratiquer en étant blessé… mais c’est un outil qui demande du tact.

  • vous pratiquez de façon répétée les postures sans respecter l’alignement, parfois même sans le savoir : le prof a un rôle important à jouer dans ce cas puisqu’il vous observe en train de pratiquer. Le problème n’est pas tant de « mal faire une posture » en particulier, mais plutôt de répéter cette posture bancale, ce qui entraîne un mal chronique : on se rend compte après quelques temps qu’on positionnait mal ses épaules dans le chien tête en bas (Adhomuka), qu’on écrase les cervicales dans la posture sur la tête ou la chandelle, etc.

  • vous forcez, vous allez trop loin dans la posture.

2. Accentue les bénéfices de l'asana

Si vous avez suivi mes cours , vous savez que souvent je parle de la conscience et son importance dans la pratique de Yoga. Pour chaque asana, il y a au moins un endroit où il faut focaliser notre conscience afin d’en tirer les bienfaits maximaux et très souvent l’endroit où nous amenons notre conscience dans une asana peut changer complètement son impact sur le corps. De même faire les pranayamas ou les méditations avec la conscience au rendez-vous accentue leurs impacts. Mais qu’est-ce ce fameuse conscience ?

Très souvent, quand nous parlons d’être conscient de quelque chose, nous parlons simplement de « connaître » l’existence de la chose en question. « Je suis conscient de la chaise sur laquelle je suis assis » devient « je sais qu’il y a une chaise et je suis assis dessus ». « Je suis conscient du sol sous mes pieds » devient « je sais qu’il y a le sol sous mes pieds ». Pourtant quand un Yogi parle de la conscience, il ne parle pas du tout de simplement connaître l’existence de quelque chose.


Mais alors qu’est-ce la conscience ?


Swami Vivekananda disait que la seule différence entre la science et le Yoga c’est que la science pense que la source de « je » c’est l’esprit tandis qu’en Yoga on considère que la source de l’esprit c’est le « je ». Il n’avait pas tort. Et c’est une différence qui change d’une manière fondamentale ce que nous tirons des philosophies comme Yoga.


Est-ce que notre conscience est simplement notre esprit alors ? Est-ce l’esprit le maître ? Et pourtant quand nous décidons, nous arrivons à contrôler notre esprit et le diriger vers nos buts. N’y a-t-il pas alors une faute de logique dedans ? Qu’est-ce que ce « nous » qui arrive à contrôler l’esprit ? Quelle est la nature du « je » ?

Pour un Yogi le « je » ainsi que notre « esprit » sont simplement les transformations de notre conscience. C’est cette conscience qui est notre être manifesté. Et quand nous parlons d’amener notre conscience dans tel ou tel endroit, nous parlons d’amener l’intégralité de notre être dans cet endroit.

Sur un niveau pratique, cela revient à dire que non seulement nous « connaissons » l’objet de la concentration de notre conscience mais nous sommes capables de l’observer avec détachement : comme si nous étions un spectateur de nos propres actions. Et petit à petit, nous devenons cet objet tout en gardant la capacité de pouvoir l’observer de loin.

Pour prendre un exemple : « je suis conscient du sol sous mes pieds » devient « je sais qu’il y a un sol sous mes pieds, j’arrive à l’observer, j’arrive à capter chaque subtilité de ce sol » et petit à petit cela devient « je suis mes pieds, je suis le sol, et en même temps je suis loin des deux et j’arrive à les observer tels qu’ils sont sans que mon observation soit filtrée par les limites de mon cerveau. »


Plus facile à dire qu'à faire mais c'est la persévérance , la pratique répéter un peu comme si on déprogrammais notre façon de faire, avec bienveillance, sans se juger....


Les clés pour développer la conscience.

Votre pratique de yoga réclame que votre conscience soit au rendez-vous mais en même temps, la même pratique de Yoga vous aide à développer votre conscience.

La deuxième clé de la conscience c’est compréhension et concentration. Compréhension de ce qu’une asana cherche à faire. Concentration dans notre acte et dans l’instant présent.

La troisième clé est également le plus subtil c’est votre expiration. Dans yoga, il y a un dictat : quand nous inspirons, nous prenons l’univers en nous. Quand nous expirons, nous nous donnons à l’univers. L’expiration est liée à l’abandon de « je », de notre égo. Sur un plan physiologique, c’est durant l’expiration que notre système nerveux parasympathique est mis en route, ce qui amène l’état de calme et repos (raison pour laquelle quand il s’agit de diminuer le stress, expirer lentement aide). Un autre effet intéressant du déclenchement du système nerveux parasympathique (et contrairement au système nerveux sympathique) est que les hormones produites par ce système ne font pas réagir le corps. Et c’est durant le moment d’expiration (ainsi que durant la rétention suite à l’expiration) que notre esprit prend du recul et la conscience peut se manifester et devenir observateur sans attachement.


Comment développer la conscience ?

Afin de tirer les bienfaits des asanas, pranayamas et méditations, vous avez besoin d’amener votre conscience au rendez-vous, mais ces pratiques aident à développer la conscience également. Ce qui est important c’est de ne pas faire simplement des mouvements, mais plutôt de prendre votre temps et vous concentrer dans les subtilités de chaque mouvement. Par exemple, quand vous respirez, concentrez-vous sur vos narines. Observez l’air qui entre et qui sort de vos narines. Est-ce qu’il y a une différence de température entre l’air que vous inspirez et que vous expirez ? Suivez le parcours de votre souffle dans votre corps. Comment est-ce que votre diaphragme thoracique bouge ? Vos cotes ?

De même, lors d’une asana comme adho mukh svanāsana, comment est-ce que vos épaules se placent ? Pensez à la rotation interne des épaules. Et votre colonne vertébrale ? Vos cuisses, vos hanches, les mollets ainsi que les orteils et les talons ?

Tout comme Yoga n’est pas juste un sport, une asana n’est pas juste un exercice physique. La conscience change tout !


Mais tout ceci vous avez déjà l'habitude qu je vous le rabâche en cours....

Voici en image quelques information sur ces points de conscience sur lesquels j'insiste....



Le chien tête en bas , des exemples ou amener votre conscience ...










Je vous invite à emprunter le Yoga journal n°28 à la maison, un article y est consacré, si cela vous intéresse, il vous attend dans la bibliothèque du centre.